RIO DE JANEIRO

RIO DE JANEIRO
RIO DE JANEIRO

La ville de Rio de Janeiro est située par 220 54 de latitude sud et 430 21 de longitude ouest, admirablement encastrée dans les guirlandes de plaines qui frangent les hauteurs à l’ouest de la passe qui fait communiquer la grande baie de Guanabara avec l’Océan. Capitale du Brésil de 1763 au 16 avril 1960, date où elle fut détrônée par la ville nouvelle de Brasília, cette grande cité, la deuxième du pays après São Paulo et la troisième d’Amérique latine, compte, en 1991, 5 336 179 habitants. Avec sa région métropolitaine, la «Baxaïda», elle en rassemble plus de 9 millions. Située dans la partie économiquement la plus active et la plus moderne du territoire brésilien, elle joue dans la vie économique nationale un rôle de premier plan.

Les étapes de la croissance

Vraisemblablement découverte par le Portugais André Gonçalves en 1502, la baie de Guanabara fut nommée par lui «Rio de Janeiro» (rivière de janvier) car il croyait être à l’embouchure d’un grand fleuve. Les Indiens appelaient ce lieu «Niterói»; les deux appellations sont restées et désignent maintenant les deux villes très inégales qui gardent chacune une des rives de la passe. Les protestants français fondèrent le premier établissement dès 1555, mais furent supplantés en 1565 par les Espagnols. La ville fut érigée en évêché en 1676, désignée comme la capitale du Brésil méridional en 1680 et, succédant à Bahia, devint en 1763 la résidence du vice-roi et la capitale du pays tout entier. Au moment de l’accession à l’indépendance, en 1822, elle fut reconnue comme capitale de l’empire du Brésil. Au cours du XIXe siècle, son développement connut des fortunes diverses: favorisé par l’essor du pays, il était entravé par les endémies et les désordres politiques. Après 1888 et l’abolition de l’esclavage, de nombreux fazendeiros ruinés se ruèrent vers la ville, provoquant un rapide accroissement démographique. Le vieux centre, aux ruelles étroites, aux maisons entassées, fut rapidement trop étroit, et commença à déborder; les problèmes d’urbanisme devenaient de plus en plus nombreux et aigus à mesure que l’essor de Rio s’affirmait au XXe siècle.

La ville, qui ne comptait que 67 550 habitants en 1800, en avait 522 650 en 1890. Sa population augmenta rapidement avec l’arrivée de Portugais, les plus nombreux, mais aussi d’Italiens, d’Espagnols, d’Allemands, de Français. En 1933, l’agglomération atteignait presque 2 millions d’habitants; elle avait presque triplé en 1980 et atteignait 9,6 millions d’habitants en 1990. Ce fort gonflement démographique est dû à un excédent naturel qui reste élevé en raison de la baisse de la mortalité et du maintien d’un taux de natalité substantiel, bien qu’il soit le plus faible de toutes les grandes cités brésiliennes (25,04 p. 1 000). Mais comptent aussi les mouvements migratoires qui ont apporté naguère à la capitale des émigrants européens et africains et actuellement des contingents nationaux et régionaux qui représentent la moitié de l’accroissement démographique. En 1950, 52 p. 100 seulement des Cariocas (habitants de Rio) étaient natifs de la ville. Dans les années soixante-dix, on estimait que 45 p. 100 des Cariocas étaient des migrants de date récente.

Le site et les différentes parties de la ville

Rio de Janeiro a conquis un des plus beaux paysages du monde: comme jaillis de la mer, des cônes abrupts, dont le fameux Pain de Sucre (390 m), présentent leurs arêtes rectilignes où l’âpreté de la roche à nu s’offre en grandes dalles lisses sur des centaines de mètres de hauteur. La violence de ces sommets séparés par des ourlets de plaines est la première image qui frappe le voyageur. Sous la lumière hivernale, les couleurs éclatent: le bleu de l’Océan, le sable immaculé des plages blanches, la verdure violette des forêts, les rochers brunâtres et, à l’intérieur de ce hérissement rocheux, se glissant parmi la végétation tropicale entretenue par un climat où la moyenne des températures annuelles atteint 23,4 0C et où les précipitations s’élèvent jusqu’à 1 300 mm, s’insinuant le long des plaines et des vallées étroites, la ville s’est étendue. Pour permettre le logement des habitants sans cesse plus nombreux et le développement de la vie urbaine, il a fallu accomplir des prodiges: des collines entières ont été rasées pour permettre l’établissement du centre urbain et la construction de l’ancien aéroport Santos-Dumont; d’autres ont été entaillées pour y étager des villas, tandis que sur les flancs de celles qui sont le plus escarpées et le plus déshéritées s’entassent les constructions primitives des favelas (bidonvilles) qui abritent encore environ 1 800 000 habitants. Dans ce site tourmenté, les crêtes rocheuses, telle l’aiguille du Corcovado (qui porte, à 704 m, une immense statue du Christ), s’avancent parfois jusqu’à la mer, dominant abruptement les différents quartiers et les séparant les uns des autres. Aussi les relations entre les parties de l’agglomération qui bordent le rivage sur plus de cinquante kilomètres ont-elles posé de graves problèmes d’urbanisme et de multiples difficultés techniques. Il a fallu percer des tunnels à travers la montagne, par exemple entre Botafogo et Copacabana, ou remblayer une partie de la baie le long de la Praia do Flamengo que parcourent plusieurs autoroutes parallèles encadrées de parcs et de terrains de sport, alors qu’en 1950 encore les grands immeubles de la côte dominaient directement la mer.

La croissance urbaine sur ce site très découpé a présenté d’autres inconvénients: elle a entraîné la construction d’immeubles en hauteur qui, dans le cœur traditionnel, ont transformé les anciennes rues étroites en sombres couloirs bordés de bureaux et de magasins. Ces édifices modernes gagnent progressivement le long de l’Océan vers le sud, à mesure que la population augmente. Après avoir transformé Copacabana, Ipanema et Leblon, à leur tour, ont été conquis, et Gavea sera peut-être envahi également par les constructions en hauteur. Au total, l’agglomération s’étend sur plus de 50 kilomètres de longueur le long de la mer. Les résidences aisées et aérées se trouvent donc de plus en plus loin du centre. Comme dans toutes les grandes villes, cette extension démesurée a fait naître des problèmes de ravitaillement en eau, de pollution, de transports urbains. La première ligne de métro a été construite, mais les transports urbains restent difficiles. De gros efforts sont aussi à faire pour résorber les favelas .

L’ancien centre urbain, qui reste le quartier des affaires, des banques, des cinémas, des commerces, des cafés, s’étend autour de la croisée du Rio Branco et de l’avenue du Président-Vargas. Au sud, les quartiers de résidences aisées, du Flamengo et de Botafogo, bordés de plages et de ports de plaisance, font la transition avec les villes résidentielles qui s’étendent jusqu’au pied de la table rigide de la montagne de Gávea (842 m). Au nord, au contraire, passé le petit port de pêche, le long des terrains plats de la baie, prolifèrent quartiers ouvriers et usines. Dans les montagnes plus fraîches qui encadrent la ville au nord, les résidences d’été sont regroupées dans de petites villes de plaisance, Petropolis, Therezopolis, où les Cariocas fortunés vont passer l’été loin de la brume moite qui baigne la ville.

Les fonctions urbaines

Pendant deux siècles, Rio a exercé une attraction sur une grande partie du Brésil grâce à son rôle de capitale fédérale, mais elle ne conserve plus qu’une fonction régionale importante: elle est en effet la capitale de l’État de Rio de Janeiro depuis 1975. La topographie en fait le débouché naturel du plateau brésilien pour l’État de Rio de Janeiro, une partie de l’État de São Paulo, presque tout l’État de Minas Gerais et le sud de Goiás, c’est-à-dire des régions produisant des minerais de fer, de manganèse, du coton, du café. Ce rôle régional a été renforcé par la construction du réseau de voies de communication et notamment des voies ferrées et des routes rayonnant de Rio et dont les principales liaisons se font avec la métropole économique du pays, São Paulo, distante de moins de 400 kilomètres. En outre, les liaisons aériennes nationales et internationales sont fréquentes et bien organisées. Un nouvel aéroport international à grand débit a été ouvert dans l’île du Gouverneur, dans la baie de Rio.

Un des meilleurs atouts de Rio est toutefois son port qui, avec un trafic de 10,2 Mt en 1992, se classe parmi les plus grands du Brésil derrière Santos, Tubarao (Santa Catarina) et le port pétrolier de Sao Sebastiao (Sao Paulo). Le trafic porte surtout sur le pétrole brut, les céréales, le papier, les locomotives, les produits chimiques, les machines et les constructions mécaniques diverses. Les exportations constituent 66 p. 100 du trafic total et sont presque le double des importations en tonnage. Ce trafic a donné lieu à des activités ainsi qu’à une importante industrialisation.

Sur le plan industriel, Rio se classe en effet au deuxième rang: près de 300 000 personnes étaient employées dès 1970 dont plus d’un cinquième dans les industries textiles et l’habillement; les autres branches les plus représentées étaient les industries alimentaires (brasseries, minoteries, raffineries), les manufactures de tabac, les industries chimiques (pharmacie, parfumerie, savons, produits chimiques divers); la métallurgie lourde subsiste, mais, depuis les années soixante, se sont surtout développées les constructions mécaniques, les constructions électriques et diverses industries, dont les fabriques de meubles, les papeteries. Mais les investissements étrangers se sont plutôt tournés vers Sao Paulo (75 p. 100) et Rio n’en a guère reçu que 10 p. 100. Pourtant, l’État de Rio de Janeiro rassemble encore 12 p. 100 de l’emploi industriel du pays et de nouvelles perspectives industrielles sont ouvertes avec l’installation de trois centrales nucléaires et l’exploitation du pétrole de la plate-forme continentale qui est en plein essor.

Enfin, si Rio a perdu son rôle de capitale, elle conserve un certain nombre de services administratifs, et notamment des ambassades, tandis que le commerce et de multiples activités métropolitaines y ont conservé leur siège. Pourtant, ce changement de fonction n’a pas été sans affecter l’équilibre général et le dynamisme de l’ancienne capitale. 23 p. 100 de la population active travaille dans l’industrie et le bâtiment, 76 p. 100 dans le tertiaire, dont 18 p. 100 dans le commerce et les finances (un quart du commerce de gros national), 12 p. 100 dans les transports et les télécommunications, 24 p. 100 dans les services divers.

Le «district fédéral» qui renfermait l’ancienne capitale n’a plus sa raison d’être, ainsi que le patronyme de Guanabara qui désignait la ville de Janeiro: depuis 1975, il a fusionné avec l’État de Rio de Janeiro en une unité politique qui a pour capitale la ville de Rio.

Rio de Janeiro
v. du Brésil, cap. de l'état du m. n. (44 268 km², 13 541 000 hab.); 5 615 150 hab. (aggl. urb. 10 217 270 hab.) (Cariocas).
Premier port du Brésil, exutoire des états miniers brésiliens, la ville est un centre industriel important. Un arrière-pays difficile (marécages à palétuviers), pitons (Corcovado, Pain de Sucre) caractérisent le site de Rio. La ville, qui s'étend le long de la baie de Guanabara, juxtapose quartiers résidentiels du bord de mer et bidonvilles (favelas).
Archevêché. Univ. Métropole cult. et artistique. Célèbre carnaval.
Fondé en 1565, Rio de Janeiro fut la cap. du Brésil de 1763 à 1960. (V. Brasilia).

Encyclopédie Universelle. 2012.

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